Mangez des pommes..., avec la peau !

Publié le 24 juin 2011, par Véronique Jeannon

Des chercheurs de l’université de l’Iowa (États-Unis) ont identifié une substance, l’acide ursolique, que l’on trouve en grande quantité dans la peau des pommes, et qui pourrait empêcher l’atrophie musculaire liée au vieillissement ou à la maladie. Ce composé pourrait également favoriser le développement musculaire et abaisser le glucose sanguin, le cholestérol et les triglycérides chez l’animal. Le détail de ces travaux vient d’être publié dans la revue Cell Metabolism de juin.

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Pommes
Crédit photo : CaptPiper. Certains droits réservés : licence Creative Commons

L’atrophie musculaire est une des caractéristiques de la malnutrition Malnutrition Apport non équilibré de nutriments dans l’alimentation. et une conséquence du vieillissement. Elle complique également un certain nombre de maladies graves telles que le cancer, l’insuffisance rénale, les maladies infectieuses comme le SIDA ou les lésions de la moelle épinière.
Il n’y a pas, actuellement, de traitement disponible pour l’éviter.

Afin d’identifier des inhibiteurs de l’atrophie des muscles, les auteurs provoquent une atrophie expérimentale chez l’homme, par un jeûne alimentaire et chez la souris, par une lésion des nerfs. Puis, sur une biopsie des muscles, ils testent, in vitro, l’effet de différentes molécules sur l’expression des gènes.
Parmi celles-ci, l’acide ursolique induit un profil d’expression génique qui est opposé au profil obtenu sur les muscles atrophiés. C’est le composant cireux de la peau des pommes. On le retrouve également dans la peau des prunes et le thym.

Lorsque des souris consomment de l’acide ursolique, celui-ci évite la fonte musculaire causée par le jeûne ou des lésions nerveuses. De plus, consommé par des souris en bonne santé, il augmente la masse et la force musculaire. Son action passerait par l’intermédiaire de l’insuline et une hormone apparentée, l’IGF1 (Insulin-like growth factor) qui agiraient directement sur le muscle.

Les chercheurs constatent également que les souris qui consomment de l’acide ursolique présentent des taux de glucose, de cholestérol et de triglycérides diminués, ainsi qu’une adiposité réduite.

Cette étude semble prometteuse pour élaborer un traitement contre l’atrophie musculaire, et peut-être d’autres maladies métaboliques. En attendant, on peut suivre le vieux dicton anglais qui prédit « qu’une pomme par jour éloigne le médecin », car une fois de plus on a découvert dans les pommes un composé bénéfique pour la santé.


Source

  • KUNKEL, S., SUNEJA, M., EBERT, S. et al. mRNA Expression signatures of human skeletal muscle atrophy identify a natural compound that increases muscle mass. Cell Metabolism, 2011, vol. 13, p. 627-638.

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