Les Italiens améliorent la valeur nutritive de la tomate

Publié le 22 septembre 2011, par Viviane Haguenauer

Les conditions de culture de la tomate peuvent affecter de façon positive sa valeur nutritive. Des chercheurs italiens ont montré que l’association symbiotique entre un champignon et les racines du pied de tomate améliorait la teneur en nutriment minéral du fruit.

De nombreuses études épidémiologiques ont montré que la consommation de fruits et légumes jouait un rôle dans la prévention des maladies chroniques et diminuait la mortalité par cancer et maladies cardiovasculaires.

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Tomates
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La tomate constitue un bon réservoir d’antioxydants Antioxydants Molécule qui empêche l’oxydation des substances biochimiques (ADN, protéines, lipides, etc.) évitant ainsi la production de radicaux libres, toxiques pour l’organisme. , comme le lycopène, l’acide ascorbique, la vitamine E, les caroténoïdes Caroténoïdes Pigments allant du jaune au rouge, insaturés, liposolubles, constitués d’isoprènes. , les flavonoïdes Flavonoïdes Composés qui possèdent de fortes propriétés antioxydantes. Ils améliorent la fonction de la vitamine C et protègent de l’oxydation. et les composés phénoliques. Dans ce contexte, ce fruit adopte le statut d’aliment fonctionnel.

L’effet protecteur des aliments d’origine végétale est attribué aux métabolites secondaires métabolites secondaires Molécules qui ne participent pas directement au développement des plantes contrairement aux métabolites primaires qui jouent un rôle essentiel pour le métabolisme et le développement végétal (protéines, lipides, glucides, acides aminés, acides nucléiques). tels que les composés phytochimiques composés phytochimiques Substances chimiques présentes à l’état naturel dans certaines plantes et dans certains fruits ou légumes. incluant les composés polyphénoliques composés polyphénoliques Vaste groupe de composés, auquel appartiennent notamment les bioflavonoïdes, qui se trouvent dans un grand nombre de plantes. . Ces polyphénols sont généralement considérés comme bénéfiques et peuvent jouer un rôle protecteur contre les cancers et empêcher la formation et le dépôt de plaques d’athérome Athérome Dépôt lipidique sur la paroi interne des artères conduisant à un remaniement local de cette paroi et une obstruction plus ou moins importante du flux sanguin. dans les artères.

La valeur nutritive de la tomate peut être affectée par les conditions de culture.
En effet, la composition phytochimique de la tomate peut être améliorée par la mise en place d’une symbiose végétale avec des champignons mycorhiziens Champignons mycorhiziens Champignons formant des symbioses avec les racines des plantes et favorisant leur nutrition. arbusculaires.
La grande majorité des végétaux terrestres vivent en étroite collaboration avec les organismes du sol parmi lesquels les champignons mycorhiziens Champignons mycorhiziens Champignons formant des symbioses avec les racines des plantes et favorisant leur nutrition. jouent un rôle essentiel. Les symbioses mycorhiziennes profitent tant à la croissance et la protection des plantes qu’à la propagation et la survie des champignons.
Les mycorhizes mycorhizes Résultat d’une association symbiotique entre des champignons et les racines des plantes. arbusculaires établissent des relations symbiotiques avec près de 70% des plantes parmi lesquelles on retrouve les cultures de céréales, de légumineuses, de fruits, de légumes et autres produits horticoles.  [1]

Dans cette étude, les pieds de tomate sont inoculés avec un champignon Glomus intraradices, cultivées en serre et récoltées à maturité.
Les chercheurs évaluent la mise en place de la colonisation mycorhizienne, la croissance de la plante et la captation de nutriments, la teneur en lycopène, la génotoxicité in vitro et l’activité hormonale oestrogénique des isoflavones isoflavones Molécules rencontrées dans les plantes faisant partie des flavonoïdes et ayant des propriétés oestrogéniques. et autres flavonoïdes Flavonoïdes Composés qui possèdent de fortes propriétés antioxydantes. Ils améliorent la fonction de la vitamine C et protègent de l’oxydation. contenus dans la tomate. Dans le cas de la tomate colonisée, la présence de composés mutagènes n’est pas constatée par des tests en laboratoire.

Les tomates colonisées montrent une concentration en calcium, potassium, phosphore et zinc, supérieure aux fruits témoins. En particulier, la teneur en zinc, élément clé dans la nutrition humaine, a augmenté de 28%, et celle en phosphore de 60%. De plus, la concentration en lycopène est près de 20 fois supérieure à celle des tomates témoins.

Les polyphénols et le lycopène, anticarcinogènes du fait de leur effet antiproliférateur, ont aussi une action inhibitrice sur les récepteurs hormonaux oestrogéniques humains en empêchant les oestrogènes de se fixer à leur récepteur. Ils permettent de bloquer ainsi la croissance de certains cancers qui dépendant des hormones, et qui peuvent être provoqués par les xénobiotiques xénobiotiques Substance étrangère à l’organisme et pouvant avoir des effets toxiques. environnementaux ou industriels auxquels sont exposés les hommes à travers la chaîne alimentaire.

La symbiose mycorhyzienne joue un rôle économique et écologique important dans la culture des plantes. Les micro-organismes sont d’une utilité majeure dans les systèmes de production alimentaire renouvelables, en réduisant l’apport de pesticides Pesticides Produits phytopharmaceutiques utilisés pour la prévention, le contrôle ou l’élimination d’organismes vivants nuisibles pour les végétaux ou pour la conservation des produits végétaux. et de fertilisants. Cette symbiose permet de plus l’amélioration de la valeur nutritive des fruits et des légumes.


[1] Il existe plusieurs formes d’associations mycorhiziennes : les plus fréquentes sont les mycorhizes arbusculaires appelées aussi endomycorhizes, mais il en existe d’autres, comme par exemple les ectomycorhizes qui concernent 5% des espèces végétales.


Source

  • GIOVANNETTI, M., AVIO, L., BARALE, R., et al. Nutraceutical value and safety of tomato fruits produced by mycorrhizal plants. British journal of nutrition, 2011, publié en ligne le 5 juillet, doi:10.1017/S000711451100290X.

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