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Consommation de fructose et risques cardiovasculaires chez les adolescents

Publié le 27 janvier 2012, par Véronique Jeannon

Une étude américaine, dont les résultats paraitront dans The journal of nutrition de février prochain, relance le débat sur les effets néfastes des édulcorants naturels contenant du fructose, utilisés dans l’industrie alimentaire.

Depuis quelques décennies, notre consommation de fructose a considérablement augmenté. Présent naturellement dans les fruits, certains légumes et le miel, nous en absorbions de petites quantités. L’accroissement de sa consommation est dû à l’utilisation de sirop de maïs à haute teneur en fructose (ou sirop de glucose fructose) comme principal édulcorant dans les produits alimentaires industriels et les sodas, où il remplace le saccharose.
Des études sur l’animal et sur l’homme, par ailleurs controversées, laissent penser que l’augmentation de la prise de fructose favoriserait le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires.

Les adolescents ont été les plus gros consommateurs de fructose par rapport à tous les autres groupes d’âge au cours des dernières décennies. Or, on constate dans cette tranche d’âge des taux croissants de résistance à l’insuline, d’hypertension artérielle et de dyslipémie. Il est donc important de comprendre le rôle du fructose sur ces facteurs, générateurs de maladies cardiométaboliques, dans cette population.

Plus de 500 lycéens âgés de 14 à 18 ans, recrutés dans des lycées de Géorgie (États-Unis) ont participé à l’étude. Bilans sanguins, mesures anthropométriques, composition corporelle, recueil détaillé de leur prise alimentaire et de leur activité physique ont permis de déterminer les relations existant entre la quantité de fructose absorbée et les facteurs de risques de maladies cardiométaboliques. La localisation de leurs cellules adipeuses a également été déterminée pour faire la part de la graisse sous-cutanée et viscérale [1].

Les résultats de l’étude montrent que les adolescents qui consomment le plus de fructose sont ceux qui ont le plus de marqueurs sanguins connus pour augmenter les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2. Ces relations apparaissent liées à la localisation viscérale de leur adiposité qui joue un rôle majeur dans les maladies cardiométaboliques.

Les auteurs concluent par la nécessité de conduire d’autres études pour connaitre l’impact à long terme de la consommation croissante de fructose pendant la jeunesse.


[1] Contrairement au tissu adipeux sous-cutané, le tissu adipeux viscéral est celui qui est associé de façon plus importante au risque de développer les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2


Source

  • POLLOCK, N., BUNDY, V., KANTO, W., et al. Greater fructose consumption is associated with cardiometabolic risk markers and visceral adiposity in adolescents. The journal of nutrition. 2012, vol 142, n°2, p. 251-257.

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