Manger moins pour vivre mieux et plus longtemps

Publié le 5 novembre 2009, par Véronique Jeannon

La restriction calorique allonge l’espérance de vie, ralentit le vieillissement et retarde l’apparition des maladies liées à l’âge. C’est ce que vient de démontrer l’équipe de R. Colman de l’université du Wisconsin (USA), sur des macaques Rhésus (Macaca mulatta) dans une étude publiée dans Science.

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Buffet
CrĂ©dits photo : MalarkeyVT. Certains droits rĂ©servĂ©s : Licence Creative Commons

Cette étude a débuté en 1989, au Centre de Recherche National sur les Primates. Soixante-seize singes Rhésus adultes, qui ont une espérance de vie d’environ 27 ans en captivité, ont été séparés en 2 groupes, l’un se nourrissant à volonté, l’autre subissant une restriction calorique de 30% sans malnutrition Malnutrition Apport non Ă©quilibrĂ© de nutriments dans l’alimentation. , c’est-à-dire sans carence alimentaire. Pendant 20 ans, l’état de santé de ces animaux a été très surveillé : pression sanguine, électrocardiogramme, analyses de sang, radiographies, composition corporelle etc. A chaque décès, une autopsie a été réalisée.

A la fin de l’étude, les chercheurs ont constaté que les singes restreints en nourriture meurent 3 fois moins de pathologies spécifiques des sujets vieillissants. Ils présentent 2 fois moins de cancers gastro-intestinaux et de maladies cardiovasculaires, 3 fois moins d’arthrose Arthrose Maladie dĂ©gĂ©nĂ©rative articulaire caractĂ©risĂ©e par l’altĂ©ration d’une articulation sans inflammation se traduisant par une destruction du cartilage et production de tissu osseux supplĂ©mentaire. et de diverticuloses Diverticuloses Affection du colon provoquant des petites poches au niveau de la muqueuse intestinale (diverticule). Sa frĂ©quence augmente avec l’âge ; elle est asymptomatique et sans gravitĂ© en dehors de complications hĂ©morragiques, inflammatoires ou infectieuses. . De plus, les macaques montrent moins d’atrophie cérébrale, caractéristique de la sénescence, notamment dans les zones du cerveau impliquées dans les fonctions motrices et exécutives. Aucun des animaux ayant suivi le régime hypocalorique ne présente de diabète ou de trouble de la glycémie GlycĂ©mie Concentration sanguine de glucose. . Par contre, 5 singes sur les 38 du groupe de départ nourris normalement souffrent de diabète et 11 de pré-diabète.

Ces résultats montrent les effets bénéfiques d’une restriction calorique sur la santé. Les singes qui mangent moins semblent vieillir moins vite. Ceci avait été montré pour la première fois en 1935 chez des rats, puis plus récemment sur des souris et d’autres espèces comme des poissons ou des vers. Ces résultats sont confirmés ici, chez des primates, espèce plus proche de l’homme.



Source

  • COLMAN, Ricki J., ANDERSON, Rozalyn M., JOHNSON, Sterling C., et al. Caloric restriction delays disease onset and mortality in rhesus monkeys.Science, 2009, vol.325, p.201-204.

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