Consommation de bière et masse osseuse

Publié le 4 mars 2010, par Viviane Haguenauer

La bière, consommée en quantité modérée, peut-elle avoir un effet bénéfique sur la solidité des os ?

L’ostéoporose Ostéoporose Se caractérisée par une diminution de la masse osseuse et des altérations de l’architecture osseuse. est un problème de santé publique majeur chez les femmes après la ménopause. Associée à l’âge, la carence en hormones œstrogéniques, induites par celle-ci, entraine une diminution de la masse osseuse et augmente ainsi les risques de fractures des os. Des chercheurs espagnols se sont intéressés aux composés actifs de la bière et à ses effets sur la masse osseuse.

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Verres de bière
Crédit photo :Luberon ( sb). Certains droits réservés : Licence Creative Commons

Des études précédentes ont montré que la calcitonine Calcitonine Hormone de la glande thyroïde qui abaisse la concentration sanguine du calcium et du phosphore. Elle empêche le calcium osseux de retourner vers le sang et inhibe la résorption osseuse. inhibe la résorption de l’os et stimule l’ostéogenèse. Sa sécrétion diminue avec l’âge et semble liée à l’apparition de l’ostéoporose Ostéoporose Se caractérisée par une diminution de la masse osseuse et des altérations de l’architecture osseuse. . Une consommation modérée d’alcool stimule la sécrétion de cette hormone et est corrélée positivement à la masse osseuse et à la densité minérale osseuse chez les femmes. Il en est de même pour les flavones Flavones Composé chimique dont dérivent de nombreux colorants naturels. qui ont un effet œstrogénique important et stimulent la sécrétion de calcitonine Calcitonine Hormone de la glande thyroïde qui abaisse la concentration sanguine du calcium et du phosphore. Elle empêche le calcium osseux de retourner vers le sang et inhibe la résorption osseuse. .

Le silicium joue également un rôle majeur dans l’inhibition de la résorption osseuse et l’augmentation du volume osseux. Or la bière, qui contient des flavones Flavones Composé chimique dont dérivent de nombreux colorants naturels. , est aussi une des plus grandes sources de silicium dans l’alimentation occidentale.

L’étude est réalisée sur un échantillon de 1 697 femmes espagnoles d’âge moyen de 48 ans et d’indice de masse corporelle Indice de masse corporelle Indice, défini comme le poids divisé par le carré de la taille exprimé en kg/m². Il permet d’estimer la corpulence d’une personne. compris entre 19 et 32 kg/m2. Elles ne prennent pas de médicaments et sont exemptes de pathologies. Les sujets sont classés en buveur modéré (110 - 280 g/semaine), buveur léger (inférieur à 110 g/semaine), non buveurs et aussi en fonction de la boisson alcoolisée consommée (bière et/ou vin). Toutes les femmes subissent une exploration par ultrasons des phalanges de la main. Ces mesures donnent des informations sur l’architecture osseuse. Les phalanges présentent un intérêt particulier car elles sont très sensibles à la résorption osseuse précoce.
Les résultats montrent une plus basse densité osseuse chez les buveurs de vins et les non buveurs comparé aux buveurs de bière. Des composants de la bière autres que l’alcool influent donc sur la masse osseuse.
Le houblon est utilisé comme agent de conservation et de saveur dans la bière, mais il a également une activité œstrogénique importante (il est utilisé par exemple dans des préparations pour stimuler l’allaitement).

Deux phytoestrogènes Phytoestrogènes Hormones d’origine végétale dont la structure moléculaire est proche de celle de l’oestradiol. , la daidzéine et la génistéine, ont été identifiés dans la bière depuis plus de 10 ans. Il a été prouvé que ces 2 composés ont des effets protecteurs sur l’os par des mécanismes d’action mettant en œuvre des récepteurs œstrogéniques alpha. C’est l’effet synergique de la combinaison de silicium et de composés phytoestrogéniques qui aurait un effet bénéfique sur les os.

Bien évidemment, cette étude ne recommande pas la consommation de bière, de vin ou de toute autre boisson alcoolisée pour la santé des os. Néanmoins, elle permet de vérifier que l’ingestion régulière de bière, en dehors de sa teneur en alcool, semble favoriser le maintien de la masse osseuse des femmes indépendamment de leur statut hormonal. Toutefois, des recherches complémentaires devront permettre de mieux comprendre le rôle des phytoestrogènes Phytoestrogènes Hormones d’origine végétale dont la structure moléculaire est proche de celle de l’oestradiol. présents dans des boissons alcoolisées.


Source

  • PEDRERA-ZAMORANO, Juan D., LAVADO-GARCIA, Jesus M., RONCERO-MARTIN, Raul, et al. Effect of beer drinking on ultrasound bone mass in women. Nutrition, 2009, vol.25, n°10, p.1057-1063.

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