Des œufs au petit déjeuner pour perdre du poids

Publié le 6 mai 2010, par Véronique Jeannon

Consommer des œufs au petit déjeuner pourrait diminuer significativement la prise alimentaire tout au long de la journée. Des chercheurs de l’université du Connecticut (USA) ont émis cette hypothèse et ont examiné les effets de deux petits déjeuners typiquement américains sur les hormones régulant l’appétit, la satiété et la prise énergétique, sur un groupe de volontaires en bonne santé.

Les deux petits déjeuners testés contiennent le même nombre de calories (395 kcal) mais la proportion de macronutriments Macronutriments Famille de nutriments énergétiques que l’organisme utilise en grande quantité, composée des protéines, des lipides et des glucides. est différente. Le premier est constitué de trois œufs brouillés et d’un toast et demi de pain blanc (protéines 23%, lipides 55%, glucides 22%) ; le second, d’un bagel (petit pain en forme d’anneau fait de pâte au levain), d’une demi-cuillère de fromage à tartiner et de 180 g de yaourt, tous deux appauvris en graisses (protéines 16%, lipides 12%, glucides 72%).
Des prélèvements sanguins sont réalisés avant et après ce petit déjeuner. Par ailleurs, trois heures plus tard, un buffet à volonté est proposé jusqu’à satiété. La consommation alimentaire et la sensation de faim sont également enregistrées lors des 24 heures suivantes.

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Oeuf à la coque
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Les chercheurs ont constaté que les personnes, qui ont consommé les œufs au petit déjeuner, absorbent 112 kcal de moins lors du buffet proposé 3 heures plus tard et 400 kcal de moins au cours de la journée. La sensation de faim est moindre. Le taux d’insuline et de glucose sanguin est également inférieur, ce qui est en accord avec la faible teneur en glucides du petit déjeuner contenant des œufs. Pour la ghréline, hormone stimulant l’appétit, [1], on observe que le taux remonte beaucoup plus vite chez les consommateurs de bagels que chez les consommateurs d’œufs.
L’hypothèse des chercheurs semble donc vérifiée. Un petit déjeuner contenant des œufs est plus rassasiant et permet de diminuer sa prise calorique au cours de la journée. Il pourrait donc être envisagé dans un contexte de surpoids et de régime hypocalorique.

Mais manger des œufs tous les jours n’est-il pas dommageable pour la santé ?

Un préjugé datant des années 1970, « les œufs sont mauvais pour votre cholestérol sanguin et donc mauvais pour votre cœur », persiste malgré les nombreuses études qui démontrent le contraire.

Une revue de la littérature est parue, en 2009, dans la revue Nutrition Bulletin de la British Nutrition Fundation, en Grande-Bretagne. Elle montre que le cholestérol alimentaire, tel qu’on le trouve dans les œufs, n’a qu’un effet insignifiant sur le cholestérol sanguin, par rapport aux acides gras saturés qu’apporte un régime déséquilibré, riche en graisses animales.
Le cholestérol des œufs augmente les LDL-cholestérols LDL-cholestérols Lipoprotéines de basse densité (Low Density Lipoprotein) qui transportent des molécules de cholestérol dans le sang. ou « mauvais cholestérol », qui ont tendance à se déposer sur les parois artérielles et donc inducteurs de maladies cardiovasculaires. Mais, il augmente également les HDL-cholestérols HDL-cholestérols Lipoprotéines de haute densité (High Density Lipoprotein) qui transportent des molécules de cholestérol dans le sang. ou « bon cholestérol », protecteurs contre ces mêmes maladies.

Les auteurs rappellent que les principaux organismes de nutrition officiels européens ne limitent plus, dans leurs recommandations, le nombre d’œufs que l’on peut consommer dans le cadre d’un régime équilibré, pauvre en acides gras saturés et sans pathologie lipidique.

Ils insistent sur le fait que les œufs sont des aliments denses en nutriments, source de protéines de haute qualité et de micronutriments Micronutriments Famille de nutriments ne fournissant pas d’énergie, mais nécessaires en petite quantité au bon fonctionnement de l’organisme essentiels, pauvres en acides gras saturés et peu caloriques. Dans le contexte économique difficile actuel, c’est un aliment peu onéreux, qui a une place de choix dans la lutte contre l’obésité.


[1] Physiologiquement, le taux de la ghréline est plus haut avant les repas et diminue après une prise alimentaire.



Sources

  • RATTLIFF, J., LEITE J.O., De OGBURN, R., et al. Consuming eggs for breakfast influences plasma glucose and ghrelin, while reducing energy intake during the next 24 hours in adult men. Nutrition Research, 2010, vol 30, p. 96-103.
  • GRAY, J., GRIFFIN, B., Eggs and dietary cholesterol - dispelling the myth. Nutrition bulletin, 2009, vol 34, n° 1, p. 66-70.

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