Sommeil et prise alimentaire : qui dort dîne ?

Publié le 21 juillet 2010, par Véronique Jeannon

Le manque de sommeil pourrait conduire à une augmentation de la prise alimentaire contribuant ainsi à une prise de poids.

Aujourd’hui, l’obésité est devenue un problème de santé majeur à travers le monde. Dans les pays industrialisés, on observe parallèlement à l’augmentation du poids des individus, une diminution de la durée de leur temps de sommeil. Par exemple, la durée du sommeil des Américains est passée de 8-9 h par nuit en 1960 à 7 h par nuit en 1995. Des études épidémiologiques antérieures ont suggéré un lien entre la durée du sommeil et l’indice de masse corporelle Indice de masse corporelle Indice, défini comme le poids divisé par le carré de la taille exprimé en kg/m². Il permet d’estimer la corpulence d’une personne. et des études endocrinologiques nous révèlent que la leptine (hormone de la satiété) serait diminuée et la ghréline (hormone de la faim) serait augmentée chez les « petits dormeurs ».

Une étude française réalisée conjointement par le Centre européen des sciences du goût à Dijon et le CHRU CHRU Centre hospitalier régional et universitaire de Caen vient d’apporter un complément d’information sur la relation entre sommeil et alimentation.
Des jeunes hommes de 22 ans, en bonne santé, sans surpoids, ont participé à l’expérience. Ils ont dormi pendant 8 heures ou seulement 4 heures pendant 2 jours et ont enregistré leur consommation alimentaire, leur sensation de faim et leur activité physique.
Après une privation partielle aigüe de sommeil (nuit de 4 h), le nombre de calories absorbées par les participants a augmenté de 22 % la journée suivante ainsi que la sensation de faim avant le petit-déjeuner et le dîner. Bien que la sensation de somnolence soit plus grande, l’activité physique s’est accrue de façon significative suggérant une dépense énergétique plus importante. Mais, celle-ci ne compensait pas l’excès de calories absorbées simultanément.

Les auteurs concluent que même si des recherches complémentaires sur des durées plus longues sont nécessaires pour confirmer le lien unissant l’obésité et le sommeil, cette étude montre que la restriction de sommeil, de plus en plus fréquente dans notre société, peut être un des facteurs environnementaux qui contribue au surpoids des individus.



Source

  • BRONDEL, L., ROMER, M., A., NOUGUES, P. M et al. Acute partial sleep deprivation increases food intake in healthy men. American journal of clinical nutrition, 2010, vol. 91, p. 1150-1559.

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