Sucre, stévia ou aspartame ?

Publié le 3 septembre 2010, par Véronique Jeannon

La stévia est un nouvel édulcorant introduit sur le marché français. Elle entre en concurrence avec l’aspartame. Une étude américaine compare leurs effets sur le métabolisme glucidique.

Depuis janvier 2010, la France a autorisé la commercialisation du rébaudioside A, édulcorant naturel extrait de la Stevia rebaudiana. Cette plante, originaire d’Amérique latine, est utilisée depuis des siècles par les indiens guaranis pour son goût sucré et ses propriétés médicinales. Des études ont montré son rôle bénéfique sur la sensibilité à l’insuline chez les rongeurs et sur les taux de glucose et d’insuline chez l’homme. Le rébaudioside A a un pouvoir sucrant 250 à 450 fois plus élevé que le saccharose (le sucre « normal »).

JPEG - 114.8 ko
Stévia
Crédit photo : hebam3000. Certains droits réservés : licence Creative Commons

L’épidémie d’obésité et de diabète de type 2 est en constante augmentation dans les pays industrialisés et pour lutter contre ces maladies la consommation d’édulcorant s’est accrue.

L’aspartame est le principal édulcorant utilisé dans l’industrie alimentaire et pharmaceutique. Son pouvoir sucrant est 200 fois plus important que celui du saccharose. Son origine chimique a suscité de nombreuses interrogations quant à son innocuité. Malgré l’agrément des diverses instances de sécurité sanitaire dans plus de 90 pays à travers le monde, une polémique demeure sur ses effets nocifs sur la santé, alimentée par des publications scientifiques contradictoires et des conflits d’intérêts. Son action sur l’appétit et le contrôle du poids corporel a été étudiée et les résultats sont également ambigus.

Les sucres de substitution ne sont donc pas des produits neutres. Une équipe américaine a tenté de montrer leurs impacts sur la consommation alimentaire, la sensation de faim et de satiété et les taux d’insuline et de glucose postprandiaux Postprandiaux Qui se produit après le repas. , chez des personnes volontaires. Les participants à l’étude prennent, 20 min avant leur repas de midi et du soir, une collation apportant 493 kcal sucrée avec du saccharose ou une collation apportant seulement 290 kcal avec de la stévia ou de l’aspartame, sans connaître leur contenu.

Les individus ayant consommé les collations édulcorées, moins riches en calories, ne compensent pas leur prise alimentaire en mangeant plus lors des repas suivants par rapport à ceux qui ont consommé les collations sucrées. Ils ne ressentent pas plus la faim. Ils déclarent préférer le goût de la collation contenant l’aspartame, et n’ont pas de préférence entre le goût de la stévia et celui du sucre.
Les examens sanguins postprandiaux Postprandiaux Qui se produit après le repas. révèlent des taux de glucose significativement réduits après consommation de la stévia, et de l’aspartame dans une moindre mesure, comparés à celle du saccharose. Les taux d’insuline sont significativement réduits après ajout de stévia à la collation, par rapport à l’ajout d’aspartame et de saccharose.

Ces résultats suggèrent que consommer des édulcorants à la place du sucre n’augmente pas la quantité de nourriture aux repas suivants, et que contrairement à l’aspartame, la stévia permet une meilleure régulation de la glycémie Glycémie Concentration sanguine de glucose. postprandiale. Cette dernière, lorsqu’elle est trop élévée, est un facteur important dans le développement de l’insulino-résistance Insulino-résistance Manque de sensibilité de l’organisme à l’action de l’insuline, ce qui provoque une hyperglycémie et une hyperinsulinémie par réaction. et du diabète de type 2.
Les auteurs précisent cependant les limites de cette étude qui se déroule en conditions expérimentales et à court terme.



Source

  • ANTON, S. D., MARTIN, C. K., HAN, H., et al. Effects of stevia, aspartame, and sucrose on food intake, satiety, and postprandial glucose and insulin levels. Appetite, 2010, Vol. 55, p. 37-43.

Dans la même rubrique :